Supportrice : Quand tu découvres l’ambiance d’une course

Temps de lecture: 6 min

 

Plus fou que l’athlète qui collectionne les dossards … le supporteur !

Ce spécimen étrange qui, pour soutenir un être cher, peut se lever le dimanche matin à 7h00, faire de la route jusqu’à des villages, lieux-dits reculés et contrées lointaines, attendre 1h00 ou plus dans le froid avec quelques autres courageux pour quelques minutes d’encouragement ! Et recommencer le week-end suivant.

 

La première

 

J’ignorais qu’un jour ce serait mon tour. Je faisais partie de ceux qui ont déjà vu une course près de chez eux, sans jamais vraiment avoir eu la curiosité de s’y arrêter. Des gens qui courent, d’autres qui regardent… mouai… ça ne m’avait pas l’air très passionnant. Et puis un jour Clem me demande si je veux venir le voir courir un 20 KM à Mathieu. Évidemment ! Oui. J’y serai.

Ne sachant rien des courses, je ne connaissais ni le déroulé, ni la durée de l’épreuve. Je ne savais pas si je trouverais facilement, s’il me verrait… Je ne savais pas s’il aurait son portable avec lui. J’avais même un peu peur de déranger. J’y suis aller toute seule, j’ai garé ma voiture et j’ai cherché la ligne de départ. Je regardais autour de moi …. Ouf il était là, déjà entouré de proches. J’y vais timidement sans trop savoir ce que je suis censée dire ou faire.

La course va bientôt commencer et les coureurs se placent dans le sas de départ. Pas mal de personnes sont présentes autour pour encourager et l’homme au micro ambiance la place comme il peut. Il y a de la musique et les gens ont tous le sourire. Je sens déjà que le moment sera bon. Le top départ est lancé, les coureurs s’élancent et disparaissent rapidement au bout de la longue ligne droite. Sur la place le retour au calme se fait vite. Je ne sais toujours pas combien de temps il faut pour courir 20 KM donc je reste là, assise sur un mur avec ma musique.

 

Certains couraient un 5, d’autres un 10KM donc le passage des premières boucles arrive assez vite. Je vois les supporteurs applaudir, crier, rire. Je vois des enfants taper dans les mains de parfaits inconnus, encourager des papas qui courent avec fierté devant leur famille. Tout d’un coup l’événement prend une autre dimension pour moi. Je vois l’effort des coureurs, leur fierté, parfois même leur difficulté. Et je comprends l’importance de cette foule qui s’est réunie pour eux. C’est un peu comme si une bulle ultra positive les avait tous englobé. Ils sont entrain de partager quelque chose de fort, ou chacun tient un rôle essentiel.

De mon côté, j’ai l’impression d’être spectatrice, pas seulement de la course mais de l’événement dans sa globalité. Je suis touchée, j’ai l’impression que chaque personne présente est entrain de m’apprendre quelque chose. Je trouve le moment apaisant et intense, d’un point de vu social… relationnel. Je me suis tellement trompée… ce ne sont pas que des gens qui courent et des gens qui regardent. Ce sont des gens qui partagent et qui s’aiment visiblement énormément.
Clem passe sa première boucle. Je suis admirative … Je le regarde passer sans trop oser crier quelque chose. Aussi vite arrivé le voilà reparti. Je peux maintenant me faire une idée du temps qu’il reste pour sa deuxième boucle. Je regarde les participants défiler… Les premiers arrivés sont accueillis comme des héros, les derniers sont soutenus par des encouragements de folie, par leurs proches mais aussi par des inconnus: « Bravo ! Bravo ! »,  » Aller aller on donne tout »… Chacun a son petit mot de réconfort.

Clem termine sa course et passe l’arche. Je le rejoins pour le féliciter… Il est encore dans l’euphorie de son effort et il a besoin d’échanger avec d’autres coureurs: le parcours, leurs sensations de course, leur résultat… Je découvre qu’une course ne s’arrête pas à la ligne d’arrivée. Chacun à besoin de prolonger l’événement en racontant la manière dont il l’a vécu.

Voilà, j’ai assisté à ma première course. Je regrette un peu de n’avoir pas été plus dans l’action. La timidité m’avait gagné et m’avais rendu si discrète.

 

La vrai supportrice.

 

Je crois que c’est la deuxième fois et toutes les autres qui ont suivi que je suis devenue vraiment supportrice. Se lever ensemble pour se rendre à pétaouchnok. Parler de ses objectifs dans la voiture, lui dire que de toute façon il y arrivera car il a un mental de dingue. L’accompagner au retrait des dossards. Garder sa veste le temps qu’il s’échauffe. Être la, qu’il vente ou qu’il pleuve, simplement pour le plaisir de partager ça. Découvrir les petits rituels d’avant course, un dernier bisou avant le départ. Puis l’attente, qui n’a rien de désagréable quand on est là par plaisir. Je sais qu’il sait que je suis là et ça suffit. Prendre des photos et des vidéos pour lui montrer après la course combien il a été fort . Surveiller le chrono, son objectif en tête et croiser les doigts pour qu’il l’atteigne comme il le souhaite. L’arrivée… La satisfaction !

Les premières fois on peut manquer un peu d’attention et en être frustré. On ignore encore que celui qui court est dans sa bulle, il ne vit pas le moment de la même manière. La seule chose c’est de comprendre que c’est important d’être là et que cela suffit.

Vous verrez dans l’article « Duathlon de Caen, ma première course » et dans « bilan: echauffement des courants de la liberté » (Coming soon) qu’en me retrouvant de l’autre côté des barrières j’ai encore appris sur l’importance des supporteurs. J’ai compris l’impact que ça a sur le moral dans les moments les plus difficiles d’une course et le bonheur d’être attendue sur la ligne d’arrivée… Et moi qui était jusqu’alors une supportrice plutôt silencieuse, j’ai compris l’importance des encouragements exprimés haut et fort !! Don’t be shy ! Il faut jouer le jeu jusqu’au bout.

Je pense qu’à la prochaine course je n’hésiterai plus à user de mes cordes vocales « Aller Doudouuuuu » Ahah

 

Être supporteur à temps plein.

 

Que l’on soit en couple, frère, sœur, parent ou amis… Nous sommes supporteurs à temps plein ! Nous sommes celles et ceux qui croient en ses objectifs, en ses entraînements et surtout en ses rêves. Et quoi de plus beau que de pousser quelqu’un à se réaliser pleinement et lui montrer que l’on comprend, que l’on y croit sincèrement et qu’on sera là pour le vivre avec lui.

A l’heure ou j’écris cet article, je suis déjà passée de l’autre côté des barrières de la course. J’ai déjà fixé et atteint mes propres objectifs. Et je peux vous dire qu’une des plus belles choses que j’ai vécu en sautant le pas, c’est que ceux que je soutiens avec tout mon cœur me soutiennent à leur tour et me donnent le courage de me dépasser. Quand je dis que la course c’est une histoire de partage !

Kate.

 

1 Comment
  • Anne-Marie Riou

    03/05/2017 at 23:30 Répondre

    Encore une fois bravo pour le style et la simplicité. Un beau moment de partage !
    Bises,
    Anne-Marie

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